vendredi 12 août 2016

Puisqu'il faut bien commencer quelque part


BienvenuEs en ma demeure ! Comment entamer ce blog et surmonter le terrible sentiment d'imposteure qui m'envahit, en contemplant cette page blanche ? J'ai depuis si longtemps envie d'une plate forme comme celle-ci pour me partager en toute transparence. Voilà que l'aventure est officiellement lancée, et pour la débuter, voici quelques réflexion sur l'esprit de ce que vous retrouverez ici.


À l'époque dans laquelle nous vivons, malgré l'ouverture apparente et la diversité observable partout, moult tabous subsistent et ont toujours la couenne dure. Goethe disait, "tolérer, c'est offenser". Il y a en effet une marge entre la tolérance et le respect profond, l'accueil inconditionnel ! Par ce blog, je caresse le rêve un peu utopique de susciter la curiosité, de la faire germer en tolérance, et qu'elle s'épanouisse en respect. Bien entendu, avant tout, j'ai simplement envie d'un espace qui me permettra de m'exposer dans toute ma nudité, dans mes complexités, de leurs rendre hommage puisqu'elles font ma richesse et celle de toutes personnes ayant embrassé leur essence véritable. 


Parler du choix éclairé et consenti pour une femme de pratiquer une soumission sexuelle et psychologique qui se veut totale et viscérale peut déjà soulever quelques sensibilités. Y aurait-il là un problème de santé mentale ? Une fuite et un déni de responsabilisation ? Une provocation délibérée à la quête d'émancipation des femmes, cette lutte vaillamment menée pour décloisonner l'univers de servitude et des rôles traditionnels accolés depuis toujours aux femmes ? Rien de tout cela n'est juste : ce n'est qu'une fois libérée et émancipée, bien entendu, que l'on peut réellement consentir à se mettre à genoux. Il faut également un grand courage pour s'accueillir sans jugement dans des voies qui divergent de celles communément admises comme viables. Prendre la responsabilité de cheminer vers une authenticité à soi sans compromis est courageux et doit susciter le respect. 


Revendiquer et assumer cette identité profondément enracinée qui m'amène à m'épanouir dans la soumission est donc en soi déjà quelque chose de subversif. En y ajoutant la présence d'une vie spirituelle riche, le bouddhisme, et d'une orientation relationnelle alternative et plurielle, le polyamour, d'aucuns peuvent y voir un cocktail explosif, un paradoxe, une impossibilité. 


Pourtant... 


Vivre dans sa vraie nature, qu'elle soit identitaire, relationnelle, sexuelle ou spirituelle, consiste à s'engager à cheminer vers un profond accueil et respect de soi. Une image courante dans la pensée bouddhiste est celle de l'oignon : couche par couche, nous dégageons notre centre immuable, cet esprit clair et lumineux, la manière dont nous existons réellement, par opposition à la manière dont nous croyons exister à cause de nos vues erronées. Cette métaphore, comme bien d'autres d'ailleurs, s'applique à plusieurs sphères de la vie. Notre soi est souvent - j'ai toujours au bout des lèvres -  conditionné par la culture, par l'éducation et par différentes sources d'oppressions dont nous avons à peine conscience. Trouver sa vérité est un exercice qui demande donc patience, humilité, effort et détermination. En retour, ce respect et cette bienveillance envers soi, cette acceptation profonde et joyeuse détient le pouvoir, du moins je l'espère, d'insuffler courage et inspiration à nos pairs. 


Vous l'aurez déjà deviné, l'auteure de ces lignes est complexe, hétéroclite, multicolore et dotée d'une sensibilité incommensurable. C'est avec ce bagage qui est mien et en toute humilité, ne me prétendant certainement pas spécialiste des sujets évoqués ci-dessus, que je vous convie à ce voyage en mots et en images dans cet univers qui est le mien. Au plaisir d'échanger avec vous sur la route ! 






6 commentaires:

  1. Bonjour Thamara,
    En tant que soumis ayant aussi mon propre blog, je vais suivre avec intérêt le votre.
    Je comprends l'intérêt de pouvoir s'exprimer ainsi.
    Au plaisir de vous lire
    Ludic

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    1. Merci beaucoup Ludic ! C'est effectivement formidable d'avoir ces espaces où se livrer en toute transparence ! Merci pour ta visite et reviens me voir :)

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  2. Charles du Garric24 août 2016 à 14:02

    Merci de nous avoir ouvert les portes de ton boudoir secret...
    Toute acte de soumission est compliqué et demande beaucoup d'abnégation, de pirse de risque et de confiance en soi d'abord et en l'autre ensuite ...

    Hugs and Kisses

    Charles et Anne

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  3. Bonjour,
    Les joies de l'informatique, mon commentaire précédent a disparu ...tout réécrire :)
    Donc je disais, comme déjà dit en d'autres lieux, Soumise, bouddhiste et poly, cela nous fait 2 points communs et demi :).
    J'ai souvent peur que ma voie entamée dans le bouddhisme ne me fasse renoncer à la fin à ma voie de soumission. Pour reprendre l'image de l'oignon, comme si le bouddhisme me faisait réaliser que la soumission n'est finalement qu'une couche qui tombera un jour ou l'autre. Parce qu'en "théorie" je trouve la soumission et le bouddhisme bien incompatibles. Mais "en pratique", c'est curieux, plus j'avance et plus je "sens" le contraire. Mais je n'arrive pas à m'expliquer avec des mots... peut être n'y arriverais-je jamais d'ailleurs? En attendant je vis bien avec cette contradiction, parmi d'autres :)
    Sauvegarde du com cette fois-ci :) et je vais commenter un autre texte qui me questionne :)

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  4. Oh je n'avais pas vu ce commentaire !! Effectivement, les joies de l'informatique. C'est super, ils nous permettent de pratiquer la patience ;-) Ce que tu me dis concernant ta crainte que la voie bouddhiste t'entraîne à abandonner ta voie dans la soumission me touche beaucoup. Ta réflexion est normale et j'ai eu la même au départ. Avec (un peu parce que c'est "relativement" nouveau pour moi aussi) le temps je me rends compte que ce n'est pas du tout incompatible, et qu'au contraire l'un peut très bien être au service de l'autre. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai fait ce blog, étant fasciné par ce que j'ai découvert. N'oublie pas que dans le bouddhisme, le bien et le mal n'est pas entrevue comme nous avons l'habitude de le réfléchir dans nos cultures occidentales. Le bien et le mal réfère plutôt à l'intention à l'origine d'un acte, et ensuite aux conséquences qu'ont celles-ci sur les autres. C'est toujours du cas par cas, et jamais noir ou blanc. Aussi, pour s'engager sur la voie bouddhiste, il faut le faire patiemment, un pas à la fois, en faisant de petites modifications ici et là au fur et à mesure que nous grandissons. Le voir comme une voie progressive dans laquelle on fait de son mieux est la meilleure façon de progresser avec détermination, patience, et durabilité. Bise !

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  5. Bonjour Thamara, En fait la voie du bouddhisme que j'ai choisi ne va pas vers le changement mais plutôt vers l'acceptation de ce qui est, tel que c'est. Ce qui peut effectivement entrer en conflit avec cette pulsion d'amélioration que je ressens et cherche dans ma soumission.....ça y est je crois que je commence à mettre les mots sur les noeuds :)
    Une belle fin de semaine à vous,

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