mardi 23 août 2016

Et si on causait sémantique ?

Trêve de billets philosophiques. J’avais besoin de me délier l’écriture dans un style réflexif qui avançait certaines couleurs et valeurs fondamentales qui m’habitent. Bon, certes, même en aspirant à emprunter un angle plus intimiste par ce billet, je ne me débarrasserai jamais du style littéraire et des grandes réflexions qui sont la signature singulière de qui je suis : toute en profondeur et en quête de sens. Qui m’en tiendrait rigueur ? 

Quelques précisions sur le sens des mots

Pour éclairer davantage les derniers billets et ceux qui suivront, j’ai cru qu’il était temps d’élucider quelques éléments sémantiques. Je m’inscris dans un mode de vie, de relation et de sexualité BDSM et polyamoureux. Je me concentrerai aujourd’hui sur l’explication du BDSM. Que signifie au juste cet acronyme ? Le B/D est utilisé pour bondage (l’art de ligoter) et discipline, le D/S pour la domination et la soumission, et le S/M pour le sadisme et le masochisme. Les pratiquants BDSM, que l’on nomme parfois aussi kinksters bien que je sois moins familière avec cette nomenclature et qu’elle ne soit pas nécessairement un parfait synonyme, n’articulent pas tous leur relation dans toutes les dimensions du BDSM. Certains sont davantage portés vers le D/S ou d’autres vers le S/M, et ainsi de suite. 

Et moi dans tout cela ? Je suis clairement d’abord et avant tout une soumise, voire même, ici et maintenant, ce qui n’a pas toujours été le cas, une esclave. Je suis également masochisme, mais le plaisir que je prends dans la douleur s’exprime lorsque celui-ci est avant tout porté par un rapport de domination. La domination n’est pas strictement physique, ni sexuelle. Elle est également psychologique et peut s’articuler de moult façons, incluant, si les protagonistes le désirent, dans tous les aspects de la vie d’une personne. 

Mais à quoi donc ressemble ta soumission Thamara, concrètement ? 

C’est une bonne question et ce n’est pas facile d’y répondre ! Je peux donner plusieurs exemples de ce en quoi constitue ma soumission, mais en fin de compte, il s’agit d’abord et avant tout d’un courant énergétique bien particulier dont le chef d’orchestre est mon Maître. La domination réside dans l’art de diriger, et cet art peut s’exprimer très subtilement, ou très grossièrement. 

Bien sûr, je suis au service sexuel de mon Maître. Son plaisir prime, et le servir en ce sens fait mon plaisir.  Il ne faut pas s’y méprendre : me dédier entièrement à son plaisir fait LITTÉRALEMENT mon plaisir. Ainsi ai-je été dressée, et ce serait mentir de ne pas ajouter que je portais déjà en moi les graines de ce dévouement. En service, ma chatte – parfaitement lisse et épilée parce que mon Maître l’apprécie ainsi - se change en un torrent impossible à contenir et qui me trahirait quand bien même j’aurais l’audace (quelle idée saugrenue !!) de nier mon contentement. Comme cette fois, par exemple, où je l’ai sucé pendant près d’une heure quarante-cinq, sans rien obtenir en retour.  Aucune autre stimulation, qu'elle soit génitale ou sensorielle. Que pourrais-je obtenir de plus précieux de toute façon que son regard reposé, satisfait des services que je lui ai octroyés, fier de sa petite chienne qui a mis toute l’énergie nécessaire à la tâche, comme il m’a enseigné ? 

Je pourrais bien sûr ajouter qu’après environ 45 minutes de service non interrompu, j’étais épuisée et j’avais du mal à conserver la même vitalité, mais démontrais toujours autant de bon vouloir et persistais à me dédier à la tâche. Je pourrais également ajouter que mon Maître prit alors le relais, et commença à me baiser lui-même la bouche, sans relâche aucune et ne faisant que peu de cas à l’idée de buter tout au fond de ma gorge, à répétition, ou à m’étouffer par dessein, jusqu’aux limites faisait en sorte que mon corps ne m’obéisse plus et cherche malgré moi à trouver l’air. Je pourrais ajouter que ce traitement, celui-là seul, par la puissance de l’énergie que je mettais à bien servir mon Maître, m’a entrainée dans un orgasme déferlant, incontrôlable, pour lequel je n’ai même pas eu le temps de demander la permission. Parce que oui, bien entendu, je dois demander la permission pour jouir. Parce que oui, j’ai joui, réellement et divinement, par le simple fait de servir mon Maître avec ma bouche, ce trou comme les autres à sa disposition. Il me prend, pour SON plaisir. Je ne suis là que pour le servir. Je ne sers qu’à cela, et c'est déjà bien suffisant, certainement pas amenuisant. Il me prend donc, comme il le veut, quand il le veut. Et ces mots, ces mots tellement significatifs et évocateurs, ne viennent bien sûr pas de moi : il me les a répétés, encore et encore, mille et une fois, et au-delà. 

Dire toutes ces choses vont certainement un peu de soi. 

Quelles autres couleurs prend une domination qui s’inscrit dans la vie de tous les jours ? Tous les jours de ma vie, j’envoie à mon Maître un bilan de mes activités quotidiennes. Celui-ci est divisé en trois sections : le travail, l’hygiène de vie, et l’humeur. En regard du travail, je témoigne de ma productivité, de mon sérieux dans mes tâches et du niveau de concentration dont j’ai fait preuve. L’hygiène de vie se décline en trois sous-catégories : l’alimentation, les activités sportives et la méditation. Enfin, je lui fais part de comment ont été mes humeurs de la journée, si j’ai su garder une patience joyeuse et calme, ou si je me suis laisser gagner par les démons de l’angoisse, de la colère ou du découragement. Je me confie également au sujet de la progression de mon dressage, qui par définition ne sera jamais à son terme. 

À cela s’ajoutent des objectifs ponctuels, constamment redéfinis selon les besoins du moment et les envies et vus de mon Maître. Je dois par exemple en ce moment faire des recherches pour lui et colliger des informations pour l’appuyer et l’informer dans le projet d’un démarrage d’entreprise. Je dois également copier au propre 200 fois la phrase suivante : je ne dois plus me palucher comme une ourse devant mon Maître. Le plus en majuscules, les consonnes en bleues et les voyelles en rouge à chaque 10 lignes. J’ai un cahier entier noirci de copie…

En fait, les règles sont simples et peu nombreuses : il ordonne, j’obéis. Rien de plus, rien de moins. 

C’est ainsi que par sa bienveillance, j’ai trouvé appui et support pour cesser complètement de fumer la marijuana, un vieux vice auquel je m’adonnais encore à certaines occasions lorsque j’ai fait sa connaissance. J’ai ensuite complètement cessé de fumer la cigarette – j’ai d’ailleurs souvenir d’une longue semaine de pénitence par le silence – la pire de toutes - et de réprimandes douloureuses après une rechute, dans le processus. Le virage santé que j’avais déjà entrepris s’est approfondi sous sa vigile, et j’ai eu l’obligation de commencer à courir. Il y aurait tant encore à dire, mais les mots ont déjà déferlé et l’espace manque, il me faut donc tirer ma révérence pour l’heure, très chers lecteurs. La semaine prochaine, je vous parlerai de quel fut le moment clé qui marqua mon passage de soumise à esclave ainsi que la naissance formelle de la polyamoureuse que je suis aujourd’hui. Saurez-vous attendre jusque là ? 

2 commentaires:

  1. Votre service ce jour là était exemplaire et je suis sûr qu'il y aura d'autres journées comme celle-là.

    M.N

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    1. Je suis heureuse Maître que vous vous en souveniez en ces termes. Il y aura assurément d'autres jours comme celui-là. Merci de me donner cette chance de vous servir.

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