mercredi 16 novembre 2016

Genèse, la suite


J’avais reçu l’instruction de passer lui chercher un grand café, avec un sucre, sans lait. Ce tout petit service sera le prélude à un milliard d’autres qui allaient suivre, bien que je ne le susse pas à l’époque. Alors que l’autobus me déposait devant l’hôtel et que je me dirigeais vers la chambre 245, mes mains et mes jambes tremblaient. J’étais si petite et vulnérable, cet état que je chérie tant, si déstabilisant soit-il. Il y a quelque chose d’euphorisant aux toutes premières fois. J’avais hâte, j’étais terriblement excitée, et la fébrilité était à son comble. Je passai par l’ancien salon aux cigares de l’hôtel, les murs étaient encore imprégnés d’une odeur d’une autre époque et mes souliers résonnaient sur le plancher de cette pièce au charme ancien. Un pas à la fois je me rapprochais de mon hôte. 

J’avais prévu m’arrêter, ne pas cogner immédiatement, prendre quelques bonnes respirations pour me recomposer et puis m’annoncer. Ce fut le souffle court et toujours haletante que je constatai, à la porte qui s’ouvrit doucement à la seconde même où je fus postée devant celle-ci, qu’il était l’heure. La pièce devant moi semblait vide, je n’apercevais pas celui qu’il me tardait tant de découvrir. J’y entrai. J’avais pénétré l’antre et me sentais aspirée dans cet univers que j’avais tant appelé de mes vœux. 

- Mademoiselle, bienvenu. Enchantée. 
- Bonsoir Monsieur

Nous avions déjà convenu que je le vouvoie en toute circonstances, en séance ou non, et que je m’adresse à lui par Monsieur. Il était en peignoir, en apparence détendu et sûr de lui. S’assoyant sur le lit, il m’invita à faire de même sur un fauteuil, non loin de lui. 

- Comment vous sentez-vous ? 
- Ça va Monsieur. Nerveuse bien entendue, mais très heureuse de finalement faire votre connaissance. 
- Bien, bien. Détendez-vous. Parlez-moi de vous. Faites-moi votre bilan. 

J’avais déjà commencé à lui envoyer les récits de mes journées chaque jour - comme il est singulier de constater que même si la forme a quelque peu changé, j’accomplis toujours ce même devoir, ma toute première obligation, plus de quatre ans après notre rencontre. Cette journée-là nous avions donc convenu que je ne lui enverrais pas le courriel habituel, mais que je détaillerais devant lui quelles avaient été mes occupations de la journée. Mes mots se suivaient et ma voix empreinte de trémolos trahissait mon émoi. Mes yeux balayaient la pièce, son corps, le mien, fuyaient, se dérobaient, puis se logeaient à nouveau dans son regard pénétrant. Alors que je déballais mon bilan, entre deux syllabes, Monsieur fit entendre sa voix. 

- Déshabillez-vous. 

Je n’opposai aucune résistance et me dévêtit immédiatement, lentement, tel que Monsieur me l’avait demandé, mais non sans manquer de ressentir le pourpre teindre mes joues. Cette pudeur de la nudité, je ne l’avais déjà plus à l’époque, étant déjà suffisamment éduquée et en paix avec moi-même pour ne pas rechigner à une instruction aussi élémentaire. Il faut dire que depuis toujours, j’avais entretenu une pensée simple à l’idée de mon corps, pour dépasser les complexes et jugements sévères qui m’habitaient parfois à son endroit : je n’en ai qu’un, c’est le mien, et le seul que j’aurai jamais. Il m’a été incroyablement fidèle. Je l’offre inconditionnellement, avec toutes ces imperfections, à qui veut bien l’accueillir. J’avais ainsi développé respect et reconnaissance envers ce corps dans lequel je suis née, ai grandi, affronté vents et marées. Ce corps nu, vulnérable, offert à cet étranger qui m’observait, alors que je m’exécutais. 

- Très bien. Vous pouvez vous rasseoir, poursuivez votre bilan. 

Je ne tentai pas de me cacher. Ni dans ma chair, ni dans mon trouble. Authentique et transparente, d’âme et de corps. Il était singulier de converser ainsi négligemment, de tout et de rien, de banalités, alors que lui était habillé, et moi nue, tout simplement, sans servir, pour le moment. Juste là, nue, à disposition. Patiente. Obligeante.

- Installez-vous par terre. C’est sale, ça ne vous cause pas de problème, j’espère. Ce sol a certainement accueilli bien d’autres personnes de votre genre. 

Inutile de préciser qu’il ne s’agissait pas d’une question. Il me palpa, pris le temps de découvrir mon corps, me fit aussi installer à quatre pattes pour mieux voir mon intimité. Reluisante. Affamée. Inondée.  

- On dirait bien que vous êtes excitée. Ça vous excite de rencontrer des inconnus et de vous laisser tripoter ainsi à même le sol crasseux ? 
-
- Je n’ai pas entendu. 
- Oui Monsieur
- Oui quoi. 
- Oui Monsieur, ça m’excite.
- Bien bien bien. Venez donc par ici, nous allons voir ce que vous valez pour sucer une bite. 

Je m’appliquai comme j’aimais le faire, et reçu des compliments pour savoir mouiller comme il se devait la verge que j’honorai. Je reçu rapidement trois instructions simples, serrer fort, veiller à ce que le gland demeure partiellement couvert, et alterner entre téter le gland et tout prendre profondément dans la gorge. J’étais à genoux et Monsieur paraissait bien détendu, j’étais heureuse de découvrir son intimité et d’œuvrer à son plaisir. Il était si doux, si incroyablement ferme et inflexible, je m’emportai rapidement dans l’excitation et forçai un peu trop le mouvement, trop gourmande que j’étais.  Après un moment, le verdict tomba. 

- Est-ce que cela satisfait vos critères, Monsieur ? 
- 6/10
- Seulement 6 ? 
- Pas si mal pour une première fois, mais il faudra vous entraîner et vous améliorer. Mériter d’avoir le privilège de me faire plaisir. 

Je trouvais cette note bien basse et humiliante, moi qui m’étais souvent fait vanter mes talents, et qui étais accroc à la performance, aux résultats flamboyants, en cela comme en toutes choses. Mais j’acceptai humblement qu’il me faille apprendre et m’améliorer.  


- Allez vous installer à quatre pattes sur le lit, il est temps de passer aux choses sérieuses…

9 commentaires:

  1. Et quelles furent donc ces choses sérieuses ??

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  2. Pardon j'ai oublié de signer ...

    M*C, maître de la superbe achets

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  3. J'avais bien l'intention de me rendre au bout du récit, mais apparemment ça n'a pas été pour cette fois. Genèse 3 devrait être la suite et fin ^ ^

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  4. Réponses
    1. C'est pas volontaire !!!! Je sais pas faire court manifestement lol J'espère moi aussi terminer en fait avec cette partie 2, parce que ce récit me donne finalement beaucoup de fil à retordre ! Mais bon, ainsi soit-il hihi

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  5. De bien beaux souvenirs que voilà, voyons comment vous allez appréhendez la suite... Et si votre mémoire vous joue des tours, il vous en coûtera..

    M.N

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    1. Vous avez une petite chienne intelligente Maître, et qui sait s'en servir à bon escient. Je travaille à contourner le problème de la mémoire hihihi

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  6. Je viens de découvrir ce blogue. J'adore ton style. J'ai déjà hâte au prochain texte...

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    1. Merci beaucoup Jonathan, au plaisir de te lire à nouveau en commentaires ! Le prochain texte arrive dans quelques heures :)

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