mercredi 11 janvier 2017

Genèse, suite et fin

Que s’est-il passé très exactement à partir du moment où je fus bien installée sur ce lit, reins cambrés, croupe offerte, souffle court et l’intimité inondée ? Par envie de vous faire rêver en vous servant une histoire époustouflante qui n’a finalement de vrai que l’état fantasmagorique dans lequel elle nous plonge ; 

J’aurais pu vous dire…
  • Que la correction qu’il m’a administrée lors de cette rencontre initiatique était plus forte et plus juste que tout ce que j’avais connu auparavant, et que cette douleur extatique m’entraîna immédiatement  dans un état de transe où je perdis l’esprit;
  • Qu’il a instantanément deviné mon corps, en a maîtrisé chaque parcelle aux premiers contacts, me faisant me rompre d’orgasme en orgasme dans un flot intarissable du plaisir le plus inouï qui soit;
  • Que je vis de suite en lui l’homme à qui je ne pouvais que dédier le reste de ma vie soumise;
  • Que je me souviens très exactement d’absolument chacun des détails de cette première séance que je chéris plus que toutes autres…

J’aurais pu écrire tout cela, mais ce serait vous mentir éhontément, chères lectrices et chers lecteurs. La vérité est moins léchée. Elle est plus belle, plus hésitante, plus approximative, assurément plus précieuse, parce qu’elle est ce que ne sera jamais un pur fantasme : réelle. 

Cette réalité, j’aimerais pouvoir vous la narrer avec une précision affolante, vous rendre avides des détails les plus privés. Oh oui comme j’aurais aimé vous entretenir…
  • De la sensation exacte de ma peau frémissant au tout premier contact de sa main s’écrasant sur mes fesses, de l’ondulation de celles-ci répondant par une singulière danse à cet assaut annoncé, de cette chaleur imprimée qui ne quitta plus ni la pièce ni ma peau naturellement fardée;
  • De cet instant, celui-là même auquel ses ongles s’enfoncèrent si fermement dans les chairs de mon bassin, celui qui vit sa queue se glisser un dixième de millimètre à la fois en moi, puis qui au plus profond de mon intimité soudainement se buta, avec cette rudesse savante et cette assurance ensorcelante qui lui est si naturelle;
  • De ce ton assuré avec lequel il me demandait de tout nettoyer, de cette alternance de rythmes et de sensations, aux tréfonds de mon être tout comme à la cime de mon derme; 
  • De la façon qu’il avait de m’interroger, de me faire répéter, encore et encore, celle que j’étais, ce que je faisais, ces règles que de respecter il me sommait;
  • De ce sentiment de libération que je ressentais à n’avoir absolument aucun geste à poser, de n’avoir pour responsabilité que de me laisser chahuter, me laisser manier comme une poupée de chiffon repue et grisée par ces sommets d’excitation; 
  • De l’aurore qui se levait lorsqu’il fut rassasié, effondré, et moi, atomisée;  

Mais je ne me souviens pas…  Enfin, pas tout à fait, voyez-vous, pas aussi rigoureusement que je le souhaiterais, surtout. Il y a certaines choses cependant que je n’oublierai jamais. 
  • Cette façon qu’il a eu de m’accueillir, et de ne pas tout cueillir à la fois.
  • Ce soin avec lequel il a commencé cette fin de semaine là à peindre pour lui-même mon portrait, une couleur à la fois. 

C’est cette retenue jumelée à cette valse de sensations mesurées, patientes et sans surenchère que je n’oublierai jamais. Cette parfaite imperfection, assumée et complice, la seule que peut générer une toute première fois, et parfois les suivantes, parce qu’ainsi est la vie, parfaitement imparfaite, mais vraie. C’est celle-là qui me fit retourner à Lui, encore et toujours, une séance à la fois, jusqu’à aujourd’hui. 

Dans 10 jours, bientôt cinq ans après cette toute imparfaite et merveilleuse première fois, je recevrai mon collier. Certaines personnes utilisent des colliers pour jouer, pour marquer une transition entre la réalité et le moment privilégié. Le nôtre était un projet de longue haleine qui se voulait infiniment significatif. Ce collier ne quittera jamais mon cou, mais il n’aura de sens que pour nous. Je l’ai gagné à force de persévérance, d’abandon, de lâcher-prise, de confiance renouvelée, de crises surpassées. Il l’a gagné par son dévouement à mon éducation, par sa capacité de toujours se remettre en question, de s’ajuster, de demeurer ferme et ancré dans la réalité. Ce collier, ni moi ni mon Maître ne le prenions à la légère. C’est un collier alliance, le collier d’une vie. C’est le collier « rien ne pourra plus jamais nous séparer ». 

Merci Maître de m’avoir choisie, modelée, accompagnée, de m’avoir élevée et révélée à moi-même. Vous m’avez enseigné la persévérance, l’indulgence, la compassion, l’effort, le lâcher-prise. Je vous ai offert l’abdication et la détermination toujours renouvelée de marcher dans vos pas, avec constance, patience et humilité. Avec confiance également de ma capacité à grandir en moi, en Vous, en Nous. Votre présence dans ma vie me rend meilleure, hier, aujourd’hui, et à jamais. 

Mektub. 

2 commentaires:

  1. Il est vrai que notre version romanesque de la vie nous pousse à penser que la première fois sera magique et parfaite, alors que ce qui a de vraiment magique avec une relation, c'est la construction et le dévouement à travers le temps. Félicitations pour ton collier mon amie, et rappelle toi que celui-ci ne représente pas seulement ce que vous avez construit jusqu'à présent, mais aussi le passage vers une nouvelle étape ainsi que tout ce qui vous reste à explorer !

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