vendredi 9 mars 2018

Le Maître est mort, vive le Maître


Dites-moi combien de jours, dites-moi combien de nuits, dites-moi combien de temps, que je suis repartie. À toi qui lis mes lignes, comme il est bon de te retrouver ! Moult saisons sont nées et mortes depuis notre dernière conversation. Des saisons d’amour, des saisons d’espoirs, des saisons de peines, des saisons rengaines. Je te retrouve néanmoins aujourd’hui parce que le printemps pointe, et que la frénésie des temps nouveaux coule sur moi comme l’eau des rivières déferle à la crue. 

L’appétit de la chienne qui rédige ces lignes était insatiable depuis un long moment déjà, petite et son bien aimé Maître en arrivèrent donc d’un commun accord à la conclusion qu’il était temps d’ouvrir portes et fenêtres. Je mentirais en confiant que cette perspective d’ouverture à d’Autres m’a été facile. Je me la suis imposée toute seule, certes en concertation, mais il y avait là néanmoins des éléments de l’ordre du deuil qui m’étaient difficiles à vivre. Je tiens si fort à celui qui m’a forgée ces six dernières années à ce jour, j’aurais quelque part valu que cela soit suffisant, dans mes rêves de princesse esclave. Or, la vie étant, le temps passant, la relation s’approfondissant et par le fait même déployant de nouvelles couleurs non moins magnifiantes, mais certes faites davantage de douceur, de sécurité, d’amour et d’accueil inconditionnel, de gratitude, de complicité ayant survécue à tant de torrents, voire à des presque naufrages… Non pas que les bases ne demeureraient pas toujours les mêmes, mais n’empêche que la relation se transformait, et il était temps pour moi de reprendre en charge le besoin de soumission dévorant qui m’habitait. 

Qui m’habite encore
Qui m’a toujours habité. 
Qui m’habitera toujours. 

Avec la bénédiction de mon Maître, qui restera toujours Maître - je me vois encore à ses pieds, calme, le regardant avec ce regard que je sais offrir, ce regard qui dit : ici, maintenant, avec Vous, il ne peut exister aucun être au monde de plus important.

J’entamai donc les « démarches ».

Après quelques efforts de recherche d’hommes à qui j'aurais loisir de m’offrir inconditionnellement, me voici au moment d'écrire ces lignes en lisse avec trois hommes dominants – du moins le prétendent-ils. Quelle aventure que ces sites. Laboratoire sociologique par excellence, y observer est tout aussi amusant que d’y prendre part. 

Le premier, Renard, a déjà fait ses preuves. Il n’eut pas à faire grand-chose. Il fait partie de cette classe d’hommes incroyables qui regardent tout au fond des yeux. Derrière. Loin, dedans. Il voit. Il le montre. Il l’assume, dès lors qu’il sent être sur la juste piste de décollage. Il n’eut pas à faire grand-chose, mais pour mon plaisir, pour le sien aussi, dans l’espoir de nourrir juste suffisamment son ego et ainsi contribuer à l’incarner dans le Dom qu’il Est, puis pour le vôtre chers lecteurs, voici le détail de ces deux premières rencontres intimes. 

La première fois, nous avons discuté très longtemps. Le café partagé avec un amusement et faux prétexte juste suffisamment boisé permis d’asseoir une atmosphère portée par l’humour et la complicité. Alors que je bénéficiais de ses vues sur des clichés que j’avais souhaité lui partager, en une seconde, le voici qui s’installa à califourchon sur moi. Se faisant, il se rendait très, très présent. C’est bien à ce moment qu’il entreprit de me prendre en main(s). Il ne s’agit pas là d’une allégorie. Il me tâtait, le visage, les joues, la nuque. Comme une poupée de chiffon. Il explorait son nouveau territoire. Malaxait. Dans pareilles circonstances, je me suis évidemment ramollie très rapidement. Très très rapidement. Il m'a giflé.  Fort. Très. Très très, mais pas trop. Plusieurs fois. Il testait en tâtant, giflant, triturant mes seins au passage. À un moment, il me tira par les cheveux jusqu’au sol. Il me tira réellement. Pas me « dirigea» au plancher. Sans conteste me tira. 

Les coudes sur l’assise du divan, je cambrai la croupe, en est-on étonné.es. Il m’offrit la fessée, par-dessus le legging que j’avais pudiquement revêtu sous ma robe de pin-up rouge à pois noirs. Je l’entendis défaire sa ceinture. Comment décrire la grâce du son magnifique d’un homme pleinement ancré dans son pouvoir et dégrafant sa ceinture ? Je ne mis pas longtemps à sentir celle-ci caresser mon derrière. Il l’utilisa pudiquement, mais néanmoins surement, une mesure adéquate et parfaitement calibrée pour une toute première fois avec une inconnue. 

J'étais bouillante. Je me tortillais, dandinais du cul embrassant pleinement mes bas instincts d’ores et déjà à l’œuvre. J'avais envie. M’a-t-il bien frotté le visage sur sa queue durcie au travers de ses pantalons, ou en ai-je rêvé ? ce n’est plus très clair. Ce qui l’est, c’est que j’étais chatte à ses pieds. Puis, me repoussant un peu à l’arrière, de simples mots furent prononcés : ça suffit pour aujourd'hui. 

J'étais à point, il aurait été si facile de tout consommer sans plus attendre, mais il était plus rusé que cela. Je me trémoussais de désir, mais ses couleurs étaient annoncées : il n'était pas là pour satisfaire mes désirs et faire comme bon me plait, à moi. C'est lui qui fait. Comme il le veut. À son rythme. Selon son désir. J’eus une pensée attendrie pour Novembre, Maître, qui m’avait bien éduquée à patiemment attendre, me mettre à disposition, et reléguer mes propres envies au second plan. J’étais heureuse de lui offrir la patience, si excitée fus-je. 

La deuxième fois, il vint tôt le matin. Je l’accueillis à nouveau avec un café. Nous avons de nouveau longuement discutés, ris, connectés. Déjà, il était doux d’observer la complicité grandir... 

Dans la chambre, il s'allongea sur mes cuisses. Je lui caressai la tête, les bras, le torse. Quel bel homme. Puis, je me levai pour jouer du piano, à deux pas de là. Il en fut touché, à tout le moins inspiré. Ils le sont tous. Il se leva et se positionna tout juste derrière moi. Il reprit son manège, me tirant les cheveux, me faisant valser le crâne à sa guise. Puis il se servit, plongeant les mains dans ce haut affriolant que je lui avais spécialement réservé. Il me tordit les mamelons, suffisamment pour que ma respiration s’accélère, suffisamment pour que j’en perdis le tempo. Il m’indiqua de continuer à jouer du piano. Je lui dis que j’essaierais… Mais je n'y arrivai pas, bien sûr, bien sûr. Il me traîna donc par terre, à ma place me dit-il, puis me regardai à nouveau profondément, avec son joli air pénétrant et vicieux. Cet air-là, oui, qu’il revêt, qui fait en sorte que les petites – ou les grosses, très très beaucoup – putes se sentent mini minuscules. 

Se jouant de ma nuque, respirant près, tout près de celle-ci, il en mordilla les chairs tendres. Dans cette proximité, il chuchota à mon oreille, dans un souffle chaud comme une brise d’août, d'imaginer qu'il était vampire, et qu'il me mordrait maintenant, vraiment, faisant gicler le sang. 

Et je buvais ses mots. Et j’embrassais sa fantaisie.

Puis il mordit. Et moi je n'étais qu'énergie. 

Il dégrafa son pantalon. Je le remercie de m’avoir offert le privilège de le gouter. C'était une magnifique bite. Mais je ne pouvais pas la déguster comme bon me semblait. Il guidait mes mouvements, faisant de ma tête et de ma bouche son jouet. Je pris plaisir lorsqu’il m’entraina à l’engloutir… Comme il est doux d’être bien remplie.  À nouveau cependant, il me repoussa, avec à la fois douceur et fermeté. Il me demanda de garder les cuisses ouvertes, pour observer, un peu, de là où il était bien installé. J'étais couchée au sol, liquéfiée, lorsqu’il se positionna debout au-dessus de moi, me surplombant délicieusement, prenant ainsi le temps de me scruter, puis de cracher au visage de sa marchandise, à deux reprises ... 

À nouveau, ces mots : ça suffit pour aujourd'hui. Cette fois j'étais affamée et suppliante. Je ne savais plus contenir, l’eusse-ai-je souhaité. Il a souri. M'a confié aimer que je le supplie ainsi. Que cela n'y changerait rien pour moi. Que je ne décidais pas. Que je ne déciderais pas – j’y ai entendu jamais – avec lui. Mais que cela lui plaisait beaucoup, que je supplie....  Alors que j'étais toujours niaise et confortablement installée à ses pieds, me collant négligemment sa gomme au front – c’était collant, donc soit je la mettais aux poubelles, ou alors je te la mettais là – il prononça ces mots, et me fit de même répéter ceux-là : 

- Donc j’avais raison, tu es réellement une grosse pute
Je souris discrètement, approbativement, gênée ;
- Quoi d’autres ? 
Silence
Une grosse pute, et quoi d’autres ? 
Dans un souffle, que pour lui ; 
Une salope, une chienne, une esclave… Une femme libre
Sourire de sa part
- Une femme libre… mais dépendante, c’est ça ? 
Sourire gêné, regard profond, regard qui dit  : tu sais, je sais que tu sais, tu sais que je sais, faut-il le dire ? Silence.
- Une femme libre… mais dépendante ? 
Puis, d’une voix à peine audible…
- Une femme libre mais dépendante, oui...
Rougeurs
- C’est bien ça. Oui, ça me plait.

Nous nous sommes quittés cette sur ces mots, lancés par lui à la boutade, mais néanmoins radicalement vrais : tu ne me reverras peut-être jamais. Voici donc venus, cher.es lectrices et lecteurs, Renard. : l'esprit fin et rusé, spécialiste de la frustration et de la langueur. Bientôt, la suite, cher.es lectrices et lecteurs. Ces Autres. Et lui, à nouveau. S’il le veut bien. 

3 commentaires:

  1. Un texte haletant ou étouffant c'est au choix du lecteur.
    D.

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    1. Et quel est le vôtre, de choix ? :-)

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  2. Mon choix se portera sur haletant...pour vous laisser reprendre votre souffle Thamara.
    D.

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