mercredi 14 mars 2018

Libre, mais dépendante

- Est-ce que je peux me coucher sur vos genoux ? 

- Hum, je ne sais pas, ça fait beaucoup pour un café, non ? 

Sourires. Officiellement, il venait toujours boire un café. J'aimais ce prétexte au moins autant que j'aimais le café. Il me fit signe de venir m'installer, ce que je ne me priai pas pour faire. Qu'on est bien, la tête lovée sur les genoux d'un homme, d'un Dom, à se faire doucement caresser le crâne. Petite bête repue et chatte, reconnaissante, bientôt chienne, mais pour l'heure, chatte. 

- Vous rappelez-vous que j'avais dit que je prendrais une initiative pour votre prochaine venue ici ? 

Parfois je le vouvoyais, parfois je le tutoyais. Cela ne faisait aucune différence pour lui. Seule ma docilité et soumission comptait. Il n'aimait pas les relations qui n'ont de vrai que le protocole qui  les porte. Il était doux d'avoir cette liberté de valser entre le tu et le vous, au gré du senti, au gré des émotions m'ayant envahie. Il ne se souvenait pas, mais il comprit rapidement. 

- Je crois que je vois, oui. 

Je ne portais pas de sous-vêtements. C'était une minuscule attention bien sûr, un galet de plus dans la marre. Une toute petit acte d'offrande. En réalité, j'avais décidé d'agir ainsi parce que lors de notre dernière rencontre, il avait pris un moment pour me mirer, alors que j'étais couchée au sol les cuisses ouvertes. Je m'étais dit alors qu'il aurait mérité de voir davantage... Que je lui offrirais donc. 

- Mais ça c'est classique ça, madame ! 

Sur le ton de la rigolade  

- Chienne, vas bruler tes soutiens-gorges dans la rue ! 

Il se moquait souvent des Maîîîîîîîîîîtreeeeeuuuuuuuhhh. Je riais de sa désinvolture, mais néanmoins, une idée fit son chemin en mon esprit. J'aime offrir ce qui n'est pas attendu. J'aime tout offrir. J'aime offrir ce qui apparait déraisonnable de demander. Ce soir là, une fête était prévue chez des ami.es à nous. J'avais revêtu mes jeans troués, collants noirs dessous, mon corset et un décolleté vertigineux qui si tôt arrivée me fit sentir fort désirée. Je puais la salope. Essayant tant mieux que mal de trouver un recoin calme, j'atterris sur un lit pour enfant, camouflée sous les manteaux des convives. Un duo se trouvant dans la même pièce s'installa non loin de moi et me fit la conversation. 

- Je vais lui faire un cadeau. Il a dit un truc ce matin, et bref, en tout cas... Je vais lui faire un cadeau. 
- Quoi donc ? 

La conversation avec la fille du duo était coquine, légère, complice, fluide, intéressée. 

- Il a fait une boutade sur le fait de bruler mes soutiens-gorges dans la rue... C'était une boutade, mais...

- Mais tu vas le faire, tout simplement parce qu'il l'a "demandé", c'est ça ? 

Doux moment de complicité entre soumises... 

- Oui, c'est ça

- Simplement parce qu'il l'a dit

Je souris 

- Exactement

- Il va être content...

Ses mots étaient prononcés de manière joueuse, intense, complique. Le ton était posé, assuré. Son partenaire intervint, perplexe. 

- Il va être surpris

Il ne semble pas trop savoir comment gérer cette information, ce partage à demi mots entre elle et moi. La voici qui surenchère.  

- Il va être surpris content... 

Je souris. 

- Oui, surpris content...

Je ne tardai pas le lendemain à mettre à exécution mon plan, et à envoyer à Renard ce qui me semblait lui être dû. Stupéfaction et émotion de sa part furent mon salaire... 



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